De la surproduction à la qualité choisie
L’histoire viticole des Corbières, c’est celle d’une reconquête. Jusqu’aux années 1970, la région incarne (souvent à tort) l’image du “vin de masse”. Puis vient le temps des luttes, des révoltes paysannes contre la crise du vin, la recherche d’une identité. L’AOC est instituée en 1985 – tardivement par rapport à d’autres, mais au prix d’un travail en profondeur sur la qualité, la gestion des rendements, le choix des cépages.
Aujourd’hui, la densité moyenne des plantations est de 4000 pieds/ha, et les rendements moyens sont maîtrisés autour de 45 hl/ha pour les rouges (source : INAO). Beaucoup de domaines ont fait le choix du bio ou de la conversion en agriculture biologique (plus de 20% du vignoble est certifié ou engagé dans cette démarche – source : FranceAgriMer).
Le carignan, pilier et défi
Impossible d’évoquer la singularité des Corbières sans saluer le rôle central du carignan dans son encépagement. Cépage longtemps mal-aimé, accusé de donner trop de rendement aux dépens de la finesse, il retrouve désormais toute sa noblesse : vieille vigne, rendements limités, vinifications audacieuses. Il façonne l’ossature de nombreux rouges, offrant structure, notes de fruits noirs et épices, et une capacité de garde remarquable.
Mais le carignan, ici, n’est jamais seul. Grenache, syrah, mourvèdre, cinsault, marselan pour les rouges ; grenache blanc, maccabeu, vermentino, bourboulenc pour les blancs : la mosaïque des cépages des Corbières reflète ce goût du pluriel, à l’image du terroir.